Le Yanouka : le génie qui captive le monde
Rav Shay Tahan
L’un des plus grands cadeaux célestes accordés à notre génération est l’apparition d’un talmid ‘hakham extraordinaire, qui possède une maîtrise globale de toute la Torah : Tanakh, Michna, Guemara avec tous ses commentaires, Richonim et A’haronim, halakha, Kabbale, ‘Hassidout, et bien au-delà. En plus de sa vaste connaissance de la Torah, il est versé dans la musique et fait également preuve d’une large compréhension du monde.
Ce phénomène remarquable et rare est désormais connu sous le nom de « Yanouka ». Le terme yanouka signifie en araméen « un enfant », et il fait écho à une notion qui se trouve déjà dans la Guemara. ‘Hazal parlent d’un yanouka comme d’un jeune enfant dont la compréhension de la Torah est dotée d’une clarté particulière et d’une assistance céleste, révélant parfois des profondeurs que même des sages chevronnés n’avaient pas perçues immédiatement.
Le nom du Yanouka est le Rav Chelomo Yehouda Beeri. Il a déjà, à ce jour, conquis le monde juif — non seulement en raison de sa connaissance de la Torah, vaste et englobant tout, mais aussi en raison de sa modestie et de son humilité sans égales.
Lorsqu’on l’écoute, la qualité la plus frappante est la simplicité et la clarté avec lesquelles il s’exprime. Des idées profondes, qui embrassent les domaines les plus profonds du Nigla et du Nistar, sont transmises avec naturel et calme, sans enjolivement ni étalage de soi. Il n’y a aucune impression de spectacle ou de grandeur ; ses paroles coulent au contraire avec sincérité, douceur, et un sens manifeste de la responsabilité envers ceux qui l’écoutent.
De plus, le Yanouka est devenu largement connu pour les nombreux miracles qui lui sont associés. Il ne s’agit pas de simples rumeurs ou de récits de seconde main. De nombreux témoignages ont été filmés, des personnes témoignant ouvertement de ce qu’elles ont personnellement vécu. Ces enregistrements sont accessibles au monde entier, et constituent un témoignage direct de ceux dont la vie a été touchée de manière extraordinaire.
Pourtant, même face à une telle attention publique et à une telle admiration, ce qui le définit peut-être le plus est son humilité inébranlable — son effort constant pour détourner les honneurs de sa personne et pour orienter les cœurs vers le haut, vers l’émouna, la téfila et l’attachement au Ribono chel Olam.
Une autre qualité que possède le Yanouka — une qualité extrêmement rare — est son amour sans limites pour chaque Juif. Peu importe qui se tient devant lui : religieux ou laïc, juste ou en difficulté. Tous sont reçus avec la même chaleur, la même patience et le même respect.
D’innombrables récits illustrent cette qualité. On peut voir une jeune fille laïque venir devant lui en larmes, racontant qu’elle est harcelée à l’école. Il l’écoute attentivement, passe un long moment à la consoler, à la fortifier et à lui assurer qu’elle est précieuse et qu’elle n’est jamais seule. Il lui promet d’être là pour elle et, avant qu’elle ne parte, demande discrètement qu’on lui achète un petit cadeau — afin qu’elle reparte élevée non seulement dans son esprit, mais aussi dans son cœur.
Dans un autre cas, un homme s’est approché de lui pour s’excuser d’avoir parlé de lui de manière désobligeante par le passé. Le Yanouka a répondu simplement que « le Yanouka n’existe pas », et que, par conséquent, il n’y a personne contre qui parler, ni aucun honneur à piétiner. Il s’est adressé à cet homme avec une telle douceur et une telle sincérité que l’homme est reparti transformé — submergé non par la honte, mais par l’amour.
Ces rencontres révèlent qu’au-delà de son génie et de sa stature spirituelle, ce qui définit véritablement le Rav Chelomo Yehouda Beeri est un cœur qui embrasse chaque Juif sans condition, incarnation vivante de « ואהבת לרעך כמוך » dans sa forme la plus pure.
Comme nous le trouvons dans la paracha de cette semaine, lorsque Moché Rabbénou s’est adressé au peuple juif et a déclaré qu’il avait été envoyé par Hachem pour les délivrer, tout le monde ne l’a pas cru immédiatement. Bien que la majorité ait accepté ses paroles, certains étaient sceptiques et dubitatifs.
De même, à notre époque, sont apparues des personnes qui disent du mal du Yanouka, tentant de jeter le doute sur lui en mettant en avant des choses qui, selon elles, ne sont pas « cacher ». Un exemple fréquemment cité est un enregistrement audio datant d’il y a près de dix-huit ans, dans lequel le Yanouka — qui n’avait alors que vingt ans — exprimait un désir de richesse.
Examinons honnêtement cette accusation. Le désir de richesse est-il mauvais en soi ? Pour quelqu’un dont la mission de vie est d’étudier la Torah et de l’enseigner aux autres, les moyens financiers peuvent être un outil nécessaire — qui permet l’indépendance, l’absence de distractions et la capacité de se consacrer entièrement à l’étude et à la diffusion de la Torah. La richesse, dans un tel contexte, n’est pas une fin, mais un moyen.
Et même si l’on voulait soutenir qu’une telle déclaration était malavisée, il faut se rappeler que cet enregistrement remonte à ses jeunes années. Les gens mûrissent, les points de vue changent, et l’expérience de la vie redéfinit les priorités — surtout après avoir fondé une famille et porté la responsabilité d’autrui.
De plus, ‘Hazal enseignent que même si l’on voit un talmid ‘hakham trébucher la nuit, on ne doit pas nourrir de doutes à son sujet le lendemain matin, car il a certainement regretté ses actes et fait téchouva. À plus forte raison lorsqu’il ne s’agit pas d’une véritable faute, mais d’une déclaration sortie de son contexte plus large.
En effet, le Yanouka lui-même a expliqué par la suite qu’à cette époque, il subissait une pression et une oppression énormes de la part de personnes jalouses de lui qui cherchaient à lui rendre la vie difficile. Son désir de stabilité financière provenait d’un besoin d’acquérir son indépendance — afin de pouvoir poursuivre sa mission de Torah sans ingérence, sans crainte et sans dépendance.
Vues sous cet éclairage, de telles accusations non seulement perdent leur force, mais mettent au contraire en relief la résilience, la sincérité et la clarté d’objectif qui l’ont accompagné tout au long de son parcours.
Une autre accusation soulevée s’appuie sur un cours dans lequel, prétendent-ils, il aurait déclaré que « Yochka était un homme bon ». Lorsque j’ai personnellement écouté ce chiour, j’ai été surpris de découvrir qu’à peine une minute plus tard, il dit explicitement que Yochka a peut-être commencé comme un homme bon, mais qu’il est ensuite devenu mauvais.
Il semble que cette phrase cruciale ait été soit délibérément omise, soit tout simplement ignorée — peut-être parce qu’ils étaient pressés d’arrêter l’écoute au moment même où ils pensaient avoir enfin « trouvé quelque chose » contre le Yanouka. Lues dans leur contexte complet, ses paroles sont claires et ne laissent aucune place à la déformation qui a été diffusée.
Mais le plus grand témoignage de sa grandeur est le fait que, même après avoir cherché et scruté tout ce qui pourrait être négatif à son sujet, ils n’ont rien pu trouver de substantiel — même en remontant deux décennies en arrière. La règle est toujours la suivante : si vous voulez comprendre la mesure de la grandeur d’une personne, écoutez ses opposants. S’ils ne peuvent rien produire de réel ou de significatif, cela en dit long, en soi, sur la pureté et l’intégrité de cette personne.
La raison pour laquelle certains orateurs soulèvent des inquiétudes n’est évidemment pas qu’ils croient sincèrement qu’il y a quelque chose de répréhensible chez le Yanouka, mais plutôt la jalousie. Il est soudainement apparu sur la scène, et avec lui s’est levé un nouveau gadol — qui a naturellement attiré l’attention et l’admiration, détournant ainsi une partie des projecteurs de ceux qui y étaient habitués.
Conclusion : à chaque génération, lorsqu’apparaît une figure imprégnée du véritable esprit de la Torah — dont la grandeur s’allie à l’humilité, à l’amour de chaque Juif et à la pureté d’intention —, des voix de doute et d’opposition s’élèvent inévitablement. Ce n’est ni un phénomène nouveau ni un signe d’échec ; c’est au contraire une partie du processus même par lequel la vérité est mise à l’épreuve et affinée.
Le Yanouka ne recherche ni disciples, ni louanges, ni défense. Ses paroles, sa conduite et son dévouement de toute une vie à la Torah parlent d’eux-mêmes. Lorsque la Torah est enseignée avec humilité, lorsque chaque Juif est embrassé, et lorsque l’honneur personnel est mis de côté pour l’amour du Ciel, la vérité brille d’elle-même — discrètement, constamment et durablement.
Puissions-nous tous être zokhé — mériter — de rencontrer des guides de la Torah d’une telle pureté, d’une telle humilité et d’un tel amour, et d’être inspirés par leur exemple. Que leur sagesse guide nos cœurs, renforce notre foi et allume en nous un engagement plus profond envers la Torah, les mitsvot et l’amour de notre prochain juif. Et puissions-nous mériter de voir des générations illuminées par des géants de la Torah, dont la vie est un témoignage vivant de la vérité, de la beauté et de la lumière du monde de Hachem.
Publié initialement dans 5TownsCentral ; également publié dans The Jewish Vues.
