Rav Shay Tahan
L’un des aspects les plus importants à comprendre lorsqu’il s’agit de s’engager dans la guerre est de savoir comment classer la nature de la guerre que nous menons. Lorsque nous savons comment elle est classée, nous pouvons avoir les sentiments et l’attitude justes à son égard. On sera certainement plus ardent à combattre de toutes ses forces et à risquer sa vie si on le fait pour une cause élevée, comme une guerre pour l’amour de Hachem, ou pour sauver les gens de son peuple, y compris sa propre famille, comme sa femme, ses enfants et ses parents. Il sera aussi significatif de combattre pour sauver sa terre. En revanche, si quelqu’un combat dans une guerre injustifiée, dont il n’approuve pas la cause ou à laquelle il ne croit pas, ou s’il est un soldat rémunéré qui combat uniquement pour un salaire, l’attitude et la motivation sont tout à fait différentes.
La Torah distingue deux types de guerres : obligatoire (mitsva) et volontaire (non obligatoire). Des directives halakhiques distinctes régissent chacune d’elles, ce qui rend nécessaire de comprendre le statut de la guerre particulière en question.
Le Rambam (פ״ה מהלכות מלכים) explique la différence, en disant que la mil’hémet réchout signifie que le but de sortir combattre une guerre est d’élargir nos frontières, tandis que la mil’hémet mitsva est une guerre contre les sept nations qui occupaient Erets Israël, la guerre contre Amalek, et une guerre menée pour secourir Israël d’un ennemi qui l’attaque.
Il n’est pas nécessaire de demander la permission du Beth Din pour mener une mil’hémet mitsva. Le roi peut plutôt déclarer une guerre et sortir de sa propre initiative, en enrôlant le peuple pour sortir avec lui. En revanche, il ne peut conduire le peuple à mener une mil’hémet réchout que si le tribunal de soixante et onze juges l’approuve.
Dans une autre forme de mitsva, la guerre est menée pour affaiblir l’ennemi, à titre de précaution et de préparation contre une déclaration de guerre de sa part à l’avenir (גמרא סוטה מד, ב) .
Dans un autre contexte, le Rambam explicite la notion de ce qui constitue une guerre de mitsva. Il écrit : Que signifie « la détresse que les ennemis des Juifs causent aux Juifs » ? Lorsque l’ennemi vient faire la guerre aux Juifs, leur imposer un tribut, leur prendre une terre.
Il répète la même chose (מלכים פרק ו, יא) : « Nous devons assiéger les villes des non-Juifs au moins trois jours avant Chabbat. Nous pouvons engager le combat contre eux chaque jour, même le Chabbat, comme il est dit : “contre la ville qui te fait la guerre, jusqu’à ce que tu la soumettes”. Nos Sages expliquent : cela implique “même le Chabbat”. Cela s’applique tant à une mil’hémet mitsva qu’à une mil’hémet harechout ».
Cette halakha, concernant le fait de ne pas commencer trois jours avant Chabbat, s’applique spécifiquement à une mil’hémet harechout (guerre volontaire). Cependant, dans le cas d’une mil’hémet mitsva, comme expliqué plus haut lorsque les ennemis nous attaquent, le Tour (סימן כמט) déclare que nous devons poursuivre même au milieu du jour de Chabbat.
