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Pureté familiale, 2e partie : les taches (kétamim) et les questions que l’on pose

La dernière fois, nous avons expliqué la différence entre le dam vu avec une hargacha et les kétamim. Dans ce cours, nous entrons dans le sujet des kétamim eux-mêmes. Au chapitre Beth du séfer Darké Tahara, le Rav Mordékhaï Eliyahou donne une liste de choses qu’il faut demander avant de rendre une femme tamé à cause d’une tache. Nous allons les passer en revue : la sensation, le degré de propreté du tissu, la taille, la couleur, l’objet sur lequel la tache a été trouvée, les vêtements de couleur et les autres sources d’où le sang a pu provenir. Au passage, nous verrons aussi ce que disent le Choul’han Aroukh et le Rama au sujet du sang trouvé lorsqu’une femme va aux toilettes.

Hargacha ou kétem : un rappel

Cette différence est très importante. Chaque fois que du dam est vu avec une hargacha, elle devient tamé min haTorah, et il n’y a aucune indulgence.

Nous avons expliqué la dernière fois qu’il y a des cas où elle n’a pas ressenti de hargacha, et où nous la traitons pourtant comme une hargacha. Par exemple, du dam vu après que le couple a été ensemble est une chose grave. À ce moment-là, il y a eu une sensation, et nous ne savons pas si c’était la sensation d’être ensemble ou la sensation de la sortie du dam. C’est un safek hargacha, et on le traite donc comme une hargacha. Il en va de même lorsqu’une femme fait une bédika. Tout ce qu’elle introduit provoque une sensation.

Ainsi, dans ces cas, nous la considérons comme tamé même s’il n’y a pas de chiour, c’est-à-dire même si l’on n’a trouvé qu’une très petite quantité de dam. Peu importe que cela ait été trouvé sur une chose qui n’est pas mékabel touma, et peu importe que ce soit sur une couleur. Quoi qu’il en soit, il n’y a ici aucune indulgence, car ce din touche au cœur de la hargacha, qui est min haTorah.

Les kétamim, c’est lorsqu’une femme trouve une tache sans hargacha. Elle a trouvé une tache sur ses sous-vêtements ou ailleurs. Dans ce cas, il y a de nombreuses conditions avant qu’elle ne devienne tamé.

Pourquoi les kétamim comportent tant d’indulgences

Le Darké Tahara rapporte une liste de neuf choses qu’il faut demander avant de rendre une femme tamé à cause d’un kétem. Pourquoi ? La Guemara dit que lorsque les ‘Hakhamim ont institué le din du kétem, ils ne l’ont pas dit pour être sévères, mais seulement pour être indulgents. Le kétem lui-même est déjà une restriction. Les ‘Hakhamim ont donc pris cette restriction des kétamim et lui ont donné un très grand nombre d’indulgences. C’est pourquoi il existe une liste de choses qu’il faut demander avant de pouvoir dire qu’elle est tamé.

A-t-elle ressenti quelque chose ? Était-ce sur une bédika ?

La première question est : a-t-elle eu une sensation ? Si oui, nous revenons au din selon lequel cela peut être min haTorah, et nous sommes sévères. Sinon, cela entre dans la souguia des kétamim.

La deuxième question est de savoir si la tache a été trouvée sur une bédika interne. Comme nous l’avons expliqué, une bédika interne en fait un safek min haTorah. Nous avons aussi expliqué qu’il y a une ma’hloket pour savoir si c’est min haTorah ou midérabanan. La sensation qu’elle a ressentie était-elle la sensation de la bédika, ou celle de la sortie du dam ? Il existe différentes sortes de hargacha. L’une est l’ouverture du makor, que rapporte la Troumat Hadéchen. Le Rambam dit que c’est un frisson du corps. Il y a aussi une troisième hargacha que rapporte le Noda Biyehouda : la sensation d’un liquide qui s’écoule à cet endroit.

Quel était le degré de propreté du tissu ?

La troisième question porte sur le niveau de propreté du tissu. Il peut s’agir de sous-vêtements, de draps, ou de toute autre chose sur laquelle du dam a été trouvé. L’une des questions très importantes est de savoir s’il était propre. Connaissiez-vous son statut ? Il y a trois niveaux :

  • Un tissu dont je sais qu’il était propre. Je l’ai vérifié auparavant. Elle l’a porté en sachant qu’il était propre lorsqu’elle l’a mis, ou bien elle a mis les draps, les a regardés et a vu qu’ils étaient propres. Une tache trouvée sur un tel tissu est beaucoup plus grave.
  • Un tissu intermédiaire. Vous ne l’avez pas réellement regardé, mais vous supposez qu’il est propre. Ici, il y a une certaine indulgence pour les kétamim.
  • Un tissu sale. C’est une chose qui était sale, ou qui était rangée dans un endroit qui se salit. Ici, même si une tache a été trouvée, on peut être indulgent.

Nous verrons davantage de détails plus loin.

Quelle est la taille de la tache ? La taille d’un penny

La quatrième question est la taille exacte de la tache. Un kétem a un chiour. Comme l’écrit le Rav Moché, et comme la plupart des posskim le rapportent léhalakha lémaassé, le chiour d’un kétem est la taille d’un penny. Si c’est la taille d’un penny ou plus, elle est tamé. Dans le langage de la Guemara, cela s’appelle « kégris véod », un guéris et plus.

Pourquoi sommes-nous indulgents pour moins qu’un penny ? Parce que c’est la taille de la tache que fait un pou. À l’époque de ‘Hazal, lorsque ces dinim ont été établis, les poux étaient plus gros qu’aujourd’hui. Quand on en écrasait un, il faisait une tache allant jusqu’à un penny, mais pas de la taille d’un penny. Kégris véod est déjà tamé. À cette époque, les gens avaient beaucoup de poux dans la maison et autour du lit, et chaque fois que l’on se retournait dans son lit, on écrasait un ou deux poux. De telles taches étaient très courantes dans le lit. On ne pouvait donc pas rendre une femme tamé simplement parce qu’elle avait vu une telle tache, car il est très probable qu’elle ait écrasé un pou et que la tache vienne de là. Mais nous ne disons cela que jusqu’à ce chiour. Si c’est plus grand, nous savons que cela vient d’elle.

Aujourd’hui, ces poux ont disparu, et nous ne trouvons pas ce genre de tache. Malgré tout, le ‘Hatam Sofer explique que ce sont les chiourim que ‘Hazal nous ont donnés, et qu’ils ne changent pas avec le temps. ‘Hazal nous ont dit exactement quel est le chiour d’une tache, et il reste ainsi pour toujours. On pourrait argumenter dans deux directions. Aujourd’hui, un pou ferait une tache plus petite, ce qui devrait être une ‘houmra. D’un autre côté, il y a une autre ‘houmra : nous ne trouvons plus du tout de poux, donc quelle que soit la taille de la tache qu’une femme trouve, nous savons qu’elle vient d’elle. Malgré cela, les chiourim que ‘Hazal nous ont donnés ne changent pas, et nous ne sommes donc sévères que lorsqu’on atteint le chiour de kégris véod, la taille d’un penny.

Cela dit, ne mesurez pas uniquement comme un penny rond. Si la tache est étalée, on considère la surface et on regarde si elle tiendrait dans un penny. Parfois, ce qu’il faut faire, c’est placer un penny en dessous, par exemple sous le sous-vêtement. Les gens ne se rendent généralement pas compte de la taille d’un penny par rapport à la tache. Placez-le sous le tissu et vous verrez qu’il est assez grand, et vous pourrez alors mesurer. Si cela ne fonctionne pas, il faut essayer de faire tenir la tache dans le penny et voir si elle y tient.

Seul le rouge compte pour le chiour

Tout n’entre pas dans ce chiour. Seul le dam lui-même, le rouge, compte. Une tache n’est généralement pas uniquement rouge. En plus du dam, elle peut comporter du brun, d’autres pertes, ou parfois une couleur plus claire. Pour cela, il faut demander à quelqu’un qui s’y connaît en marot et en kétamim, quelqu’un qui a étudié les couleurs, afin qu’il puisse vous dire quelles parties entrent dans le chiour et lesquelles n’y entrent pas.

Quelqu’un demandera peut-être : s’il y a une tache sur le sous-vêtement ou sur le drap, ne devrions-nous pas d’abord voir si elle atteint même le chiour ? Oui, absolument. Si vous regardez et voyez que c’est moins que le chiour, vous n’avez même pas besoin de demander. Mais cela n’est pas vrai pour un tissu de bédika. Cela ne s’applique qu’à un kétem. Comme nous l’avons expliqué, une bédika entre dans le cadre du safek hargacha, si bien que même la plus petite tache, le plus petit point, la rend tamé.

La couleur

La cinquième question est la couleur. Comme nous venons de l’expliquer, toutes les couleurs ne posent pas problème. Avec le temps, on acquiert de l’assurance et de l’expérience quant aux couleurs qui sont acceptables et à celles qui ne le sont pas. Mais tant que vous ne connaissez pas vraiment les couleurs, lesquelles posent question, lesquelles n’en posent pas, pour lesquelles il n’est pas du tout nécessaire de demander à un rav et pour lesquelles il le faut, vous devez demander pour chaque couleur. Continuez ainsi jusqu’à ce que vous sentiez avoir assez d’expérience pour savoir quand il n’y a pas de question.

Une tache sur le sol, les toilettes ou la baignoire

La sixième question est l’endroit où la tache a été trouvée. Comme nous l’avons expliqué, une tache ne la rend tamé que si elle se trouve sur un davar hamékabel touma, une chose qui peut devenir tamé.

Si une femme la trouve sur le sol, le sol n’est pas mékabel touma, et elle n’est donc pas tamé. C’est vrai même si elle a vu que le sol était propre, s’est assise, s’est levée et voit maintenant une tache. Puisque le sol n’est pas mékabel touma, elle n’est pas tamé.

Il en va de même si elle va aux toilettes et la voit sur la cuvette. Les toilettes sont fixées au sol, elles ne sont donc pas mékabel touma, et elle n’est pas tamé. Si elle prend une douche, savait que la baignoire était propre, et trouve ensuite la tache au fond de la baignoire, elle n’est pas tamé, car c’est une chose qui n’est pas mékabel touma.

Pour l’eau, certains posskim disent qu’elle est mékabel touma. D’autres veulent être indulgents pour certaines raisons ; c’est ce qu’écrit le ‘Hout Chani du Rav Nissim Karelitz. Par exemple, si elle flotte, c’est une raison d’être indulgent. Il existe aussi d’autres indulgences concernant l’eau.

Il faut donc savoir si elle a été trouvée sur une chose qui est mékabel touma. Le papier hygiénique est-il mékabel touma ? Nous tenons léhalakha qu’il ne l’est pas, bien qu’il y ait une grande discussion à ce sujet. Il faut savoir cela.

Une tache sur un vêtement de couleur

Une autre question importante est de savoir si la tache a été trouvée sur du blanc ou sur une couleur. Disons qu’elle était sur quelque chose qu’elle portait. Les vêtements sont mékabel touma. Malgré tout, si elle l’a trouvée sur une couleur, ‘Hazal ont dit qu’elle n’est pas tamé.

Pourquoi pas ? Rachi explique qu’il est difficile de voir la nuance sur une couleur, alors que sur le blanc on la voit très clairement. Le Rav Nissim Karelitz explique que la couleur du tissu modifie la nuance de la tache qu’elle voit. Cela affecte la couleur, et on risque donc de se tromper.

Même si vous savez avec certitude, disons qu’elle l’a vue sur un vêtement rose et que c’est assurément du dam, à 100 %, sans aucun doute, peut-on encore être indulgent ? La réponse est oui. Pour la même raison que nous avons dite auparavant : les ‘Hakhamim ont dit qu’elle n’est tamé que sur du blanc.

Presque tous les posskim la rendent tamé également sur du blanc cassé, et le traitent comme du blanc. En Erets Israël, beaucoup de posskim ont aussi tendance à la rendre tamé sur des couleurs très claires. Mais lémaassé, la halakha est que nous sommes indulgents pour toutes les couleurs sauf le blanc et le blanc cassé.

Quelqu’un demandera peut-être : c’est donc un bon conseil pour une femme de ne porter que des couleurs ? Absolument. Le Rama dit que c’est un bon conseil. Le Rambam va plus loin et écrit que les ‘Hakhamim ont institué une takana selon laquelle une femme doit porter une couleur. Elle ne doit rien porter de blanc lorsqu’elle est téhora. Le seul moment où elle doit porter du blanc, c’est pendant les chiva nékiyim. Sinon, elle doit porter une couleur. Le Rama le présente comme une bonne idée de porter de la couleur et non du blanc, afin qu’elle ne devienne pas tamé.

Mais nous savons que c’est du dam

Quelqu’un demandera peut-être : avec toutes ces koulot, nous savons malgré tout que du dam sort. Que doit-on faire ?

La Guemara traite de cela à plusieurs endroits. Nous avons ici du dam, nous savons d’où il vient, et nous savons qu’il vient d’elle. Malgré tout, les ‘Hakhamim ont dit « lo amrou kétamim ela léhakel », ils n’ont dit le din des kétamim que pour être indulgents. Lorsqu’ils ont vu que Rabbi Akiva était indulgent dans certains cas, il a dit : « lo amrou ‘Hakhamim ela léhakel bédiné kétamim », les ‘Hakhamim n’ont dit les dinim des kétamim que pour être indulgents.

Pourquoi ? Le Choul’han Aroukh le rapporte : tout le din des kétamim est midérabanan. Min haTorah, une femme n’est pas interdite à son mari à moins qu’elle ne ressente que du dam est sorti de son corps. Les ‘Hakhamim ont décrété que si un kétem est trouvé sur son corps ou sur ses vêtements, elle est interdite à son mari, même si elle n’a rien ressenti, et même si elle s’est vérifiée tout de suite et s’est trouvée propre. Mais cela ne s’applique que lorsque tout ce que nous avons dit correspond. Si l’on trouve l’une des indulgences, les ‘Hakhamim n’ont dit les kétamim que pour être indulgents.

Que doit faire le couple ?

Quelqu’un demandera peut-être : elle est téhora, mais peuvent-ils être ensemble tout de suite ?

Cela n’est écrit ni dans le Choul’han Aroukh ni dans les nossé kélim du Choul’han Aroukh. Mais les posskim conseillent constamment les gens, et c’est très important : chaque fois qu’elle voit une tache quelconque, ils doivent s’abstenir d’être ensemble jusqu’à ce que tout soit redevenu net. S’ils sont ensemble alors qu’elle voit une tache, il est très possible qu’un peu de dam soit sorti et qu’il en reste encore à l’intérieur. Il pourrait alors sortir pendant qu’ils sont ensemble, et il le trouverait. Elle deviendrait immédiatement tamé, et, comme nous l’avons expliqué auparavant, il y aurait aussi un safek qu’il ait été avec une nidda, car il y a un safek concernant la hargacha. C’est très grave.

C’est pourquoi les posskim enseignent et orientent les gens à ne pas être ensemble jusqu’à ce que tout soit redevenu net. Après quelques heures pendant lesquelles elle voit que tout est propre, c’est permis. Il est même préférable et plus conseillé qu’après ce temps elle prenne un bain, et non une douche, ce qui nettoie tout. Ensuite, puisqu’elle sait que plus rien ne sort, il est suffisamment sûr d’être ensemble. Sinon, on se heurte à des problèmes graves.

Précaution, non ‘houmra

Quelqu’un demandera peut-être : d’un côté elle n’est pas tamé, et de l’autre nous sommes sévères ? Non, nous ne sommes pas sévères. Nous prenons des précautions. Elle n’est pas tamé, et nous veillons à ne pas la rendre tamé. Nous essayons toujours de faire en sorte qu’elle ne devienne pas tamé. C’est pourquoi, comme nous venons de l’expliquer, elle porte des couleurs.

C’est aussi pourquoi les posskim disent souvent à une femme de ne pas regarder le papier après s’être essuyée. On ne cherche pas à faire surgir des problèmes. Si elle sait qu’elle a peut-être des taches, elle veut alors connaître son statut. Sinon, regarder ne fait que causer des problèmes, des questions et des complications, et nous essayons d’éviter toutes les questions.

Quelqu’un demandera peut-être : si une chose n’est pas cacher et que je la mange sans regarder, elle n’est toujours pas cacher. Le Rav Elyachiv écrit que tant que nous ne savons pas qu’elle a des taches, il n’y a aucune raison de soupçonner quoi que ce soit. Elle a une ‘hezkat tahara : tout est propre et en ordre. On n’a pas à aller chercher des problèmes pour ensuite avoir des questions et des complications. Le papier hygiénique est une chose que tout le monde ne permet pas, et il faut alors s’appuyer sur des indulgences. Si elle n’a pas vu, elle n’a pas de problème, et c’est tout.

Et si son amie voit ? Doit-elle lui dire : « Tu as une tache sur le papier » ? Oui. Si nous savons qu’il y a une tache, ou qu’il y en a probablement une, il y a un safek, et nous devons connaître son statut afin qu’elle puisse être prudente avec son mari. Mais avant qu’il y ait le moindre safek, tout va bien. Elle va aux toilettes. Pourquoi devrait-elle commencer à faire surgir des sfékot ?

Quelqu’un objectera peut-être : elle devrait vérifier, car elle est peut-être tamé midérabanan. Non. Si elle ne l’a pas vu, elle n’est pas tamé du tout. Et si une femme voit une tache sur le papier, elle est téhora. Mais certains posskim disent que le papier n’est tout de même pas bon. Il y a une discussion concernant le papier, puisqu’il est fabriqué à partir de morceaux de bois ; peut-être donc la rend-il tamé. C’est toute une discussion du Noda Biyehouda, rapportée dans le Chaaré Téchouva sur le Choul’han Aroukh au siman 190, tout au début. Peut-être faudrait-il donc la rendre tamé. C’est pourquoi nous évitons complètement la question, puisque selon la halakha de base elle est téhora.

Mais lorsqu’il y a de réels sfékot, lorsque nous pensons qu’elle a peut-être des taches, par exemple si elle a vu des taches auparavant, ou si elle sent que ses sous-vêtements ont peut-être été mouillés et qu’il y a peut-être un problème, alors elle veut connaître son statut.

La tache pourrait-elle venir d’ailleurs ?

La question suivante est de savoir d’où elle vient. La tache qu’elle a trouvée pourrait-elle provenir d’une autre source, et non du makor, de sa matrice, l’utérus ?

D’où pourrait-elle venir d’autre ? Peut-être d’une infection urinaire. Cela ne la rendrait pas tamé. Si cela vient d’un autre endroit, elle n’est pas tamé. Peut-être a-t-elle une coupure, et alors elle ne serait pas tamé. Peut-être saigne-t-elle ailleurs sur son corps, et le sang est arrivé là. Peut-être était-elle avec son mari et c’est lui qui saigne. Il existe différentes façons de constater que la femme est téhora sans même entrer dans le problème.

Si vous savez qu’il existe une autre source pour le sang, vous pourrez peut-être déclarer la femme téhora immédiatement. Si vous ne le savez pas, il faut enquêter, pour ainsi dire, et trouver la source du dam. Si vous avez suffisamment de soupçons que cela vient d’une coupure mais pas assez de preuves, il y a un moyen de le découvrir. On envoie la femme chez une bodéket, une femme spécialement formée pour examiner l’intérieur, qui peut voir s’il y a une coupure. Si elle trouve une coupure ou une irritation, le saignement peut provenir de là. Ou bien, si la femme sait qu’elle a une certaine douleur lorsqu’elle va aux toilettes, cela pourrait être une infection urinaire. Elle va chez le médecin, on fait une analyse de sang, et l’on voit que cela saigne constamment. Dans un tel cas, on a suffisamment de preuves pour déclarer la femme téhora.

Ce sont des lois très importantes. Examinons-en une maintenant et laissons le reste pour la prochaine fois.

Rappel : ce qui rend la chose min haTorah

Nous avons expliqué que la chose la plus importante à établir en premier est de savoir si elle a eu une hargacha, une sensation. Nous le répétons parce que c’est important : c’est la sensation qui rend la chose min haTorah.

La hargacha dont nous parlons est l’une de celles-ci. Ce peut être un frisson, qui est la hargacha du Rambam. Parfois, quand on va aux toilettes, on ressent un certain frisson, et cette hargacha accompagnée de sang rendrait une femme tamé. Ou bien ce peut être l’ouverture du makor. Parfois, une personne qui va aux toilettes ressent quelque chose comme un pincement au moment où les choses s’ouvrent, et elle ressentirait quelque chose de ce genre. Ou bien elle peut ressentir quelque chose qui s’écoule.

Comme nous l’avons expliqué la dernière fois, les femmes aujourd’hui ne ressentent plus les sortes de hargachot qui rendent la chose min haTorah. Puisqu’elle ne les ressent pas, le problème devrait apparemment être évité. Mais il se pose dans les cas que nous avons expliqués : si elle a fait une bédika, a été avec son mari, ou est allée aux toilettes. Dans tous ces cas, elle a eu une sensation provenant d’autre chose, par exemple de la bédika, ce qui fait d’elle un safek touma, et nous la traiterions comme tamé.

Quelqu’un demandera peut-être : comment se fait-il que vous ayez dit que si elle voit un kétem sur les toilettes, elle est téhora ? Lorsqu’une femme voit un kétem sur la cuvette elle-même, les toilettes sont une chose qui n’est pas mékabel touma.

Du sang avec l’urine : le Choul’han Aroukh et le Rama

Au siman 191, le Choul’han Aroukh parle du sang trouvé avec l’urine. Il y a là une ma’hloket, et tout d’abord dans la Michna et la Guemara, entre Rabbi Yossi et Rabbi Méir.

Rabbi Yossi dit qu’une femme qui va aux toilettes est téhora quelle que soit la façon dont elle trouve le sang. Peu importe qu’elle ait été debout ou assise. Peu importe qu’elle l’ait trouvé à l’intérieur de la cuvette ou sur le rebord. Peu importe qu’il soit venu avec le jet ou qu’on l’ait trouvé en gouttes. Quel que soit le cas, Rabbi Yossi dit qu’elle est téhora. Rabbi Méir dit qu’elle est tamé si elle l’a trouvé debout, ou sur le rebord, ou en gouttes.

Quelle est la halakha ? C’est une ma’hloket entre le Choul’han Aroukh et le Rama. Selon le Choul’han Aroukh, que suivent les séfarades, quelle que soit la façon dont on le trouve avec l’urine, on est téhora. C’est le psak du Choul’han Aroukh au siman 191. Selon le Rama, elle est tamé à moins que trois indulgences ne soient réunies :

  • Elle était assise, et non debout, lorsqu’elle est allée aux toilettes.
  • Elle l’a trouvé à l’intérieur de la cuvette et non sur le rebord.
  • Ce n’était pas en gouttes.

Le jet, juste après, et plus tard

Ainsi, selon le Choul’han Aroukh, elle est téhora dans tous les cas. Comment alors ces questions concernant le fait de devenir tamé après avoir uriné peuvent-elles se poser ? Il faut savoir qu’il y a trois étapes.

La première est la miction elle-même, le jet. Le Choul’han Aroukh tient qu’elle est téhora à ce moment-là. Tout dam qui sort alors, bien qu’il sorte avec l’urine, ne vient pas du makor. Il vient d’une irritation interne, d’une douleur, d’une coupure dans le corps. Il peut venir de parties internes, mais pas de l’endroit du makor, ni de la matrice, ni de l’utérus. Elle est donc téhora. Telle est l’opinion du Choul’han Aroukh.

Après le jet vient le moment juste après. La question est de savoir combien de temps cela dure. Trente secondes ? Quinze secondes ? Une minute et demie ? Le Rav Mordékhaï Eliyahou écrit une durée plus longue, cinq minutes, mais nous ne retenons pas cette durée. Le Rav Moché semble indiquer que c’est environ 15 à 20 secondes. Il explique que lorsqu’une femme va aux toilettes, il y a d’abord un jet, puis quelques gouttes, puis elle s’essuie. Si elle est pressée, elle s’essuie juste après le jet et s’en va là où elle se presse. Mais normalement elle attend que les gouttes aient cessé, et le temps entre le jet et la fin des gouttes est ce que nous appelons « juste après ». Comptez environ 15 secondes. C’est ainsi que les posskim le comprennent, et c’est là le chiour.

Si elle voit du sang dans ce laps de temps, c’est douteux. Après ce laps de temps, ce n’est plus min haTorah ; cela s’appelle déjà un kétem, et nous la déclarons téhora, car il a été trouvé sur les toilettes. Le problème ne se pose donc que si le sang est venu dans ces 15 secondes.

Mais léhalakha, les posskim séfarades sont totalement indulgents pour le sang trouvé avec l’urine. Cela ne nous pose aucun problème, et nous la déclarons totalement téhora.

Est-ce vraiment un safek min haTorah ?

Quelqu’un demandera peut-être : si le sang est venu dans les 15 premières secondes et qu’elle n’a regardé qu’une minute plus tard, n’est-ce pas un safek min haTorah, puisqu’il est peut-être venu pendant ces 15 secondes ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a une grande discussion pour savoir si c’est vraiment un safek min haTorah. Nous avons mentionné la dernière fois que c’est une ma’hloket parmi les Richonim et les A’haronim. On la cite généralement comme une ma’hloket entre le Gaon Chev Yaakov et le Rav Gavriel, Av Beth Din de Metz. La question est de savoir si c’est un safek min haTorah ou midérabanan. La plupart des posskim tiennent que ce n’est pas un safek min haTorah mais un safek midérabanan. C’est-à-dire que la sensation qu’elle a ressentie ne venait pas de la sortie du dam mais de la miction. Surtout aujourd’hui, beaucoup de posskim tiennent que, puisqu’il n’y a plus de hargachot de nos jours, il est très peu probable qu’elle ait eu une hargacha précisément à ce moment-là. Il est donc difficile de parler d’un safek min haTorah.

Selon la façon dont le Choul’han Aroukh le comprend, lorsqu’elle va aux toilettes, l’endroit du makor se referme. C’est comme pour manger. Les ‘Hakhamim ont expliqué que lorsqu’une personne mange, le véchet, l’œsophage, s’ouvre, et c’est ainsi que la nourriture descend. Lorsqu’on parle, l’air passe par le kané, la trachée, et pendant qu’une personne parle, l’œsophage se ferme. Il en va de même ici. Lorsqu’une femme va aux toilettes, le makor se referme, si bien qu’il est impossible qu’elle voie du sang provenant du makor.

Dans le Beth Yossef, il y a une autre discussion parmi les Richonim sur la façon de l’expliquer. Peut-être ne se ferme-t-il pas à 100 %, mais il existe une possibilité minoritaire. Rabbi Yossi ne se préoccupe pas de la minorité, et Rabbi Méir s’en préoccupe. Il y a une grande discussion sur la façon de le comprendre. Mais selon le Choul’han Aroukh, lorsqu’elle urine, elle ne voit pas de dam provenant du makor à ce moment-là, et nous n’avons donc pas à nous en préoccuper.

Même parmi les posskim ashkénazes, qui s’en préoccupent, beaucoup de posskim en Erets Israël, et je l’ai entendu de posskim très importants, sont indulgents léhalakha concernant le sang trouvé avec l’urine. D’un autre côté, il y en a déjà beaucoup qui sont sévères. Lémaassé, selon le psak séfarade, il n’y a aucune question concernant le sang trouvé avec l’urine.

Vêtements vérifiés, non vérifiés et sales

Nous parlerons davantage de l’urine lorsque nous y arriverons dans le texte. Terminons ce que nous disions. Nous avons expliqué qu’il y a trois niveaux de vêtements : béguèd badouk, béguèd ché-eino badouk et béguèd mélou’hla’h. C’est-à-dire un tissu vérifié, qu’il s’agisse de vêtements, de draps ou de toute autre chose ; un tissu qui n’est pas vérifié ; et un tissu qui est sale.

Un béguèd badouk, comme nous l’avons expliqué, est un tissu que l’on a regardé et dont on a vu qu’il était propre. Toute tache trouvée dessus peut la rendre tamé. Si c’est un kétem, il doit encore remplir toutes les conditions que nous avons énumérées : il doit atteindre le chiour, la taille d’un penny, il doit être de la bonne couleur, et ainsi de suite.

Un béguèd ché-eino badouk, c’est par exemple un vêtement que l’on a lavé et rangé dans l’armoire. Tout ce qui s’y trouve est propre, mais on ne l’a jamais regardé. On ne sait pas avec certitude qu’il est propre, et on ne peut pas en témoigner, bien qu’il le soit très probablement. Le Darké Tahara dit qu’un vêtement pris dans un endroit où se trouvent des vêtements propres prêts pour les bédikot, mais qui n’a pas été vérifié comme l’est un vêtement vérifié, est considéré comme un vêtement non vérifié. Il y a des indulgences dans ce cas. On peut être indulgent jusqu’à un chiour de kégris véod : si elle a vu une tache allant jusqu’à la taille d’un penny, il y a une indulgence. Nous y arriverons et expliquerons tous les détails.

Il y a ensuite ce que nous appelons un béguèd mélou’hla’h, un vêtement qui vient d’un endroit sale, qui traînait dans des endroits sales. Si elle a porté un tel vêtement, ou même s’est vérifiée avec, il n’a aucun din, et elle est téhora.

D’après le cours du Rav Shay Tahan « Hilkhot Nidda, 2e partie : les taches (kétamim) », tiré de son cours intensif des Chovavim sur les Hilkhot Nidda : voir le cours.

Original en anglais