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Paracha Vayétsé : le langage du corps — se sentir chez soi

Dans la Paracha Vayétsé, Yaakov Avinou prend la route et arrive en un certain endroit : וַיִּפְגַּע בַּמָּקוֹם. Et que fait-il aussitôt ? וַיִּקַּח מֵאַבְנֵי הַמָּקוֹם וַיָּשֶׂם מְרַאֲשֹׁתָיו וַיִּשְׁכַּב בַּמָּקוֹם הַהוּא (Béréchit 28:11). Il se couche.

C’est intéressant. Rachi nous dit que pendant quatorze ans, Yaakov Avinou ne s’est pas couché pour dormir : אֲבָל י”ד שָׁנִים שֶׁשִּׁמֵּשׁ בְּבֵית עֵבֶר לֹא שָׁכַב בַּלַּיְלָה, שֶׁהָיָה עוֹסֵק בַּתּוֹרָה. Et voilà que soudain il marche sur la route, il arrive dans un endroit qu’il ne connaît même pas, comme le passouk nous le dit plus loin, vé’anokhi lo yada’ti, et il décide de se coucher. Que se passe-t-il ici ?

Où s’endort-on ?

Il faut comprendre qu’en général, une personne ne s’endort et ne se détend que dans un endroit où elle se sent à l’aise. L’endroit normal pour se détendre, c’est la maison. Après une longue journée de travail, on rentre chez soi et on veut se détendre ; on s’allonge sur le canapé, on fait une sieste, on va au lit et on s’endort. Pourquoi ? Parce que la maison est ressentie comme un lieu de détente : confortable, facile, décontracté. Au travail, dans un bus, dans un train, on ne se sent pas détendu, alors on n’y dort pas. À la maison, si.

C’est ce qui arrive à Yaakov Avinou. Il arrive en un endroit et s’y sent extrêmement à l’aise. Il se couche et s’endort, et lui-même en est surpris. Avant de se réveiller, il fait un rêve, puis il se réveille et dit : אָכֵן יֵשׁ ה’ בַּמָּקוֹם הַזֶּה וְאָנֹכִי לֹא יָדָעְתִּי (28:16). D.ieu est en ce lieu ! Yaakov Avinou comprend alors : je voulais seulement me reposer, je me suis couché, et je me suis endormi. C’était si reposant, si bon ; je me sentais ici chez moi. Pourquoi ? C’est sûrement que Hachem est ici.

Yaakov Avinou a toujours été attiré par un lieu où se trouve la présence de Hachem. Nous le voyons déjà lorsqu’il était encore dans le ventre de sa mère : chaque fois qu’elle passait devant les baté midrach, il voulait sortir. Il ressentait un lien, comme l’attraction d’un aimant. Et c’est ce qui se passe ici ; c’est là l’endroit où Yaakov Avinou veut être.

Avec l’aide de Hachem, puissions-nous tous avoir ce sentiment : qu’en présence de Hachem, nous nous sentions à l’aise, chez nous. שִׁבְתִּי בְּבֵית ה’ כָּל יְמֵי חַיַּי (Tehilim 27:4).

D’après le cours du Rav Shay Tahan « Vayétsé. Le langage du corps. Le confort du foyer » (Paracha Vayétsé) : voir le cours.

Original en anglais