Au début et à la fin de notre paracha, nous apprenons le regard de la Torah sur la manière dont nous devons considérer nos enfants et nos petits-enfants et leur chemin dans la vie, et à quel point c’est grave.
Les cinq années d’Avraham
Au début de la paracha, Yaakov Avinou prépare une soupe de lentilles, et Essav entre. Pourquoi des lentilles ? Rachi dit qu’Avraham Avinou est décédé ce jour-là, et que la coutume des endeuillés est de manger des lentilles. Et Rachi souligne autre chose : Avraham Avinou aurait dû vivre encore cinq ans. Il est mort cinq ans plus tôt. Pourquoi ? שֶׁלֹּא יִרְאֶה אֶת עֵשָׂו בֶּן בְּנוֹ יוֹצֵא לְתַרְבּוּת רָעָה … לְפִיכָךְ קִצֵּר הַקָּבָּ”ה ה’ שָׁנִים מִשְּׁנוֹתָיו (Rachi, Beréchit 25:30). Ce jour-là, Essav a commencé à suivre sa voie corrompue et mauvaise, et afin qu’Avraham Avinou ne voie pas son petit-fils prendre le mauvais chemin, Hakadoch Baroukh Hou l’a repris cinq ans plus tôt.
C’est intéressant. Il valait mieux pour Avraham Avinou perdre cinq années de sa vie plutôt que de voir son petit-fils prendre le mauvais chemin. Mieux vaut ne pas vivre cinq années de plus que de voir une telle chose.
« À quoi bon la vie pour moi ? »
De même à la fin de la paracha. Rivka s’adresse à son mari Its’hak et dit : קַצְתִּי בְחַיַּי מִפְּנֵי בְּנוֹת חֵת אִם לֹקֵחַ יַעֲקֹב אִשָּׁה מִבְּנוֹת חֵת … לָמָּה לִּי חַיִּים (27:46). Je suis dégoûtée de ma vie ; si Yaakov épouse l’une des filles de ‘Het, je préférerais ne pas vivre. Je préférerais mourir plutôt que de voir mon fils épouser l’une d’elles.
Rivka n’était pas simplement frustrée, elle n’exprimait pas simplement sa crainte. Si ce n’était que cela, la Torah ne le mentionnerait pas ; ce ne serait pas un message si important que la Torah doive l’écrire pour toutes les générations. Rivka nous dit quelque chose de très important : mieux vaut mourir, je n’ai pas besoin de la vie, plutôt que de vivre une mort vivante en voyant nos enfants épouser de mauvais conjoints. C’est ce que disent effectivement ‘Hazal : vivre avec un mauvais conjoint est pire que la mort. C’est ce que Rivka dit ici.
Cela nous donne la perspective suivante : lorsqu’il s’agit de nos enfants, nous devons vraiment veiller à ce qu’ils suivent le bon chemin, et, ce qui n’est pas moins important, qu’ils épousent un conjoint juste, doté de yirat chamayim, quelqu’un qui possède les vraies valeurs de la Torah.
D’après le cours du Rav Shay Tahan « Toldot. The Pain Of Seeing A Child Go Off The Derech » (Paracha Toledot) : regarder le cours.

