Google a décidé que la définition d’un Juif est « quelqu’un qui marchande de manière avare et mesquine ». Après avoir écrit une telle chose, ils ont été signalés par beaucoup, et ils l’ont retirée en publiant des excuses. Mais nous devons comprendre : pourquoi les goyim nous regardent-ils avec un tel stigmate depuis tant de générations, comme si le Juif était radin, quelqu’un d’avare ? Pourquoi est-ce ainsi que le goy nous regarde ? C’est un tel stéréotype. Et nous pouvons apprendre quelque chose de notre paracha.
Yaakov Avinou dit à ses enfants qu’il doit être enterré en Erets Canaan, dans le tombeau אֲשֶׁר כָּרִיתִי לִי (Béréchit 50:5). Que signifie kariti ? Rachi rapporte le Midrach : שֶׁנָּטַל יַעֲקֹב כָּל כֶּסֶף וְזָהָב שֶׁהֵבִיא מִבֵּית לָבָן וְעָשָׂה אוֹתוֹ כְּרִי וְאָמַר לְעֵשָׂו טֹל זֶה בִּשְׁבִיל חֶלְקְךָ בַּמְּעָרָה. Il prit tout l’or et l’argent qu’il avait rapportés de la maison de Lavan, les entassa devant Essav, et lui dit : prends ceci pour ta part dans la grotte. Tu vois d’ici, dit le Or’hot Tsadikim, à quel point Yaakov Avinou était généreux.
Mais d’un autre côté, nous avons d’autres endroits où nous voyons que Yaakov Avinou faisait très attention à l’argent. Après avoir traversé le fleuve avec sa famille, il se rend compte qu’il a oublié quelques cruches, et il retourne les chercher : וַיִּוָּתֵר יַעֲקֹב לְבַדּוֹ (32:25). Rachi dit שָׁכַח פַּכִּים קְטַנִּים וְחָזַר עֲלֵיהֶם, et ‘Hazal apprennent d’ici לַצַּדִּיקִים שֶׁחָבִיב עֲלֵיהֶם מָמוֹנָם יוֹתֵר מִגּוּפָם (‘Houlin 91a). Yaakov Avinou, l’une des personnes les plus riches de son époque, retraverse le fleuve pour quelques petites cruches. Pourquoi ? Nous voyons d’ici qu’il est très serré avec l’argent.
Le Or’hot Tsadikim dit : il faut distinguer entre les types de dépenses. Lorsqu’on dépense pour des choses spirituelles, comme les mitsvot, l’étude de la Torah, ou les frais de scolarité pour l’étude de la Torah de vos enfants, on doit dépenser au maximum de ses capacités. À tel point que le Zohar dit, dans la Paracha Terouma, que si l’on marchande sur une mitsva, la lumière de cette mitsva ne brille pas. Une personne doit payer pleinement pour une mitsva. C’est pourquoi l’Arizal, lorsqu’il allait acheter quelque chose pour une mitsva, donnait son portefeuille au vendeur et lui disait : prends autant que tu veux. C’est le cas lorsqu’on achète quelque chose de spirituel, tout comme Yaakov Avinou est allé acheter sa part dans la Méara, qui était une chose spirituelle.
Mais lorsque vous achetez des choses qui ne sont pas spirituelles, pour vous-même ou pour votre divertissement, quand vous allez au restaurant ou en vacances ou que vous achetez quelque chose pour vos propres besoins, là vous n’avez pas besoin de dépenser sans réfléchir. Vous n’avez pas besoin de dépenser sans limites. Vous devez vous demander : ai-je besoin de dépenser tout cet argent ? Sinon, ne dépensez pas en plus. Dépensez ce qui est nécessaire.
Et c’est cela le ‘hilouk, la différence entre un Juif et un goy. Une différence très, très fine. Le goy regarde le monde comme la chose principale pour laquelle il vit. Son divertissement, son plaisir ; tout tourne autour de cela, et c’est pourquoi il veut dépenser autant qu’il peut pour son plaisir, son divertissement, les choses de ce monde. Le Juif, en revanche, dépense davantage d’argent pour ce qui est vraiment important : le côté spirituel du monde, honorer Hachem, l’étude de la Torah, les mitsvot. Quand il s’agit d’autres choses, là le Juif est plus serré. Là, il est prêt à marchander.
Alors quand un goy voit un Juif marchander sur les choses qui sont importantes pour le goy, le plaisir du monde, le divertissement, aller au restaurant, il demande : pourquoi ne dépenses-tu pas autant que moi ? Pourquoi regardes-tu le menu en essayant de trouver ce qui est moins cher ? Le goy ne comprend pas cela. Il regarde le Juif et voit quelqu’un de radin. C’est de là que pourrait venir le stéréotype.
Alors oui, les goyim nous regardent sous un jour si négatif. Mais la vérité, c’est que c’est parce que nous regardons le monde avec des lunettes totalement différentes, une manière totalement différente de voir le monde. C’est pourquoi le goy voit le Juif ainsi, alors que le Juif est en réalité beaucoup plus élevé et dépense son argent au bon endroit. Chabbat chalom.
D’après le cours du Rav Shay Tahan « Vay’hi. La définition d’un Juif selon Google : quelqu’un qui marchande de manière avare et mesquine. » (Paracha Vay’hi) : regarder le cours.

